Contexte du programme sur la situation générale des espèces au Canada

Photo: Renard véloce, Vulpes velox © Lu Carbyn

Photo: Renard véloce, Vulpes velox © Lu Carbyn

Le Canada abrite plus de 70 000 espèces sauvages, incluant entre autres les mammifères, les oiseaux, les poissons, les plantes vasculaires, les papillons, les libellules, les abeilles, les vers, les mousses et les champignons. Les Canadiennes et les Canadiens accordent énormément de valeur à ces espèces et à d'autres aspects de la nature. Ils reconnaissent que les espèces sauvages fournissent quantité de ressources, comme des aliments, des médicaments et des matériaux, ainsi que des services que nous tenons souvent pour acquis : elles nettoient l'air et l'eau, régularisent le climat, produisent et protègent les sols, pollinisent des cultures et luttent contre les ravageurs. En outre, les Canadiennes et les Canadiens sont fiers et tirent profit d'une renommée internationale des paysages vierges où la faune abonde. Mais, peut-être par dessus tout, ils attachent de l'importance à la splendeur esthétique et à la nourriture spirituelle qu'offre encore l'éventail incroyable d'espèces sauvages qui habitent le pays. Pour toutes ces raisons, nous reconnaissons une responsabilité à l'égard des générations futures canadiennes et du reste du monde à conserver le patrimoine naturel du pays en empêchant que des espèces disparaissent par suite des activités anthropiques.

Afin de prévenir la disparition d'espèces, il importe d'abord de savoir quelles espèces sont présentes au pays, où elles se trouvent et quelle est leur situation. La série Espèces sauvages vise à fournir cet aperçu. Les évaluations de la situation générale intègrent les meilleurs renseignements possibles afin de donner un aperçu de la situation de chaque espèce : taille et répartition des populations, menaces envers celles-ci et tendances relatives à ces facteurs. Elles servent à catégoriser les espèces en classifications générales : certaines espèces ne sont pas en péril, d'autres montrent les premiers signes de difficulté et doivent être surveillées ou gérées, et d'autres encore doivent faire l'objet d'une évaluation détaillée de leur situation. Les catégories de la situation générale permettent en outre de mettre en lumière des lacunes en matière de renseignements. Par exemple, pour certaines espèces, il est possible que les données soient insuffisantes pour évaluer si elles sont en sécurité ou si elles sont préoccupantes. Chaque espèce reçoit une classification de la situation générale pour chaque province, territoire ou région océanique où elle est présente, ainsi qu'une classification de la situation générale au Canada (« classification nationale »), qui reflète la situation de l'espèce dans son ensemble au pays.

Photo: Épipactis géant, Epipactis gigantea © Barbara J. Collins

Photo: Épipactis géant, Epipactis gigantea © Barbara J. Collins

Puisque les classifications sont produites pour de nombreuses espèces de toutes les régions, il est possible d'observer les tendances à la baisse ou les menaces qui pèsent sur des séries d'espèces; il s'agit là de l'une des forces de cette méthode. De plus, les classifications de la situation générale sont revues et mises à jour de façon périodique, ce qui permet aux Canadiennes et aux Canadiens de suivre des tendances diachroniques d'amélioration ou de déclin et de savoir pour quelles espèces la situation est stable ou s'améliore, et quelles espèces font face à un déclin ou à de nouvelles menaces. De telles tendances donnent une bonne idée de la nature et de la magnitude d'un problème, mais elles peuvent également indiquer des pratiques améliorées en matière de conservation.

L'évaluation de cette variété d'espèces de toutes les régions du pays représente une tâche considérable, car le nombre d'espèces est grand et le territoire est vaste. Les espèces sont réparties sur toute l'étendue du territoire du Canada : 10 millions de kilomètres carrés de terre et d'eau douce, près de 6 millions de kilomètres carrés d'océan et 202 080 kilomètres de rivages, soit la côte la plus longue au monde. En outre, dans cette immense région, la répartition des espèces est influencée par la profusion stupéfiante de reliefs, de types de sols et d'habitats qui se trouvent à l'intérieur de nos frontières, notamment la forêt boréale, la toundra, la taïga, les tourbières, les forêts pluvieuses tempérées, les prairies, les marais, les prés alpins, la côte de l'Atlantique, du Pacifique et l'océan Arctique.

L'évaluation de la situation générale des espèces canadiennes est peut-être très difficile, mais ce processus est indispensable. Notre économie fondée sur les ressources et notre niveau de vie élevé ont des répercussions sur la nature : nous défrichons, agrandissons nos villes, extrayons les ressources, produisons des déchets et introduisons des espèces exotiques. En modifiant la nature à notre profit, nous devons veiller à ne pas mettre en péril les espèces dont nous célébrons l'existence et dont nous dépendons. La série Espèces sauvages est un outil pour toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, un guide qui indique les espèces pour lesquelles davantage de renseignements sont nécessaires, une méthode de suivi diachronique de la situation des espèces au pays, un outil efficace pour améliorer la conservation et un témoignage de la volonté des Canadiennes et des Canadiens de collaborer à la protection des espèces sauvages.

 

Photo: Râle élégant, Rallus elegans © U.S. Fish & Wildlife Service

Photo: Râle élégant, Rallus elegans © U.S. Fish & Wildlife Service

La série Espèces sauvages sur la situation générale des espèces au Canada correspond à une exigence en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril, une entente de principe conclue en 1996 par les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables de la faune. L'Accord vise à empêcher que des espèces disparaissent du Canada par la suite des activités anthropiques. Dans le cadre de cet objectif, les parties de l'Accord conviennent qu'elles « surveilleront, évalueront et feront rapport régulièrement sur le statut de toutes les espèces sauvages » dans le but d'établir quelles espèces sont en déclin, lesquelles nécessitent une évaluation officielle de leur situation ou une gestion supplémentaire, et celles qui nécessitent davantage de renseignements. Chacune des provinces ainsi que chacun des territoires et des organismes fédéraux représentés par l'Accord s'engagent à évaluer les espèces dont ils sont le principal responsable.

Les rapports de la série Espèces sauvages servent également de base pour respecter une exigence de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. Cette Loi constitue un engagement clé du gouvernement fédéral en vue de prévenir la disparition d'espèces sauvages et de prendre les mesures nécessaires pour les rétablir. L'article 128 de cette loi stipule que « cinq ans après l'entrée en vigueur du présent article, et à intervalles de cinq ans par la suite, le ministre établit un rapport général sur la situation des espèces sauvages ». Le premier de ces rapports a été déposé au Parlement en 2008 et les rapports de la série Espèces sauvages continueront par la suite à servir de base pour remplir cet engagement.